Texte majeur sur le militarisme et inédit en français, publié dans le cadre du bicentenaire de la naissance de Wilhelm Liebknecht. DVP, 7 mai 2026
Citations
"Toujours et partout contre le peuple, jamais et nulle part pour le peuple : tel est le jugement de l’histoire sur la mission intérieure de l’armée permanente." (Le terme permanent peut être remplacé aujourd'hui aisément par celui d'armée de métier. DVP)
"Si les centaines de millions que nous coûtent chaque année les armées permanentes étaient simplement jetés par la fenêtre, ce serait déjà assez grave et constituerait un crime grave contre l’humanité laborieuse ; mais ces centaines de millions forment une graine empoisonnée qui, en épuisant le sol, pousse avec luxuriance et dans le champ d’action de laquelle, comme dans celui autour des antiaris, toute vie se flétrit !"
Sur la guerre de Sécession : "En Amérique, elle [la première défaite] a marqué le début de la guerre. Le Nord a redoublé d’efforts. En quelques semaines, une armée populaire s’est rassemblée, bien plus forte que celle qui avait été vaincue. – Une nouvelle défaite. Le même spectacle. Pour un peuple libre, il n’y a pas de Königgrätz. Un peuple libre ne dépend pas des caprices de la chance en guerre. Vingt fois battus, jamais vaincus, les Américains se relèvent après chaque défaite avec une force renouvelée, plus forts qu’auparavant, et mènent ce combat titanesque jusqu’à ce que la rébellion soit écrasée. Le Bismarck américain [8], auquel s’opposait un peuple armé, attend désormais son procès pour haute trahison et trahison envers la patrie ; le Jefferson Davis allemand, auquel s’opposait une armée permanente, a détruit le droit et la patrie et laisse ses proverbiaux « juges de Berlin » condamner pour haute trahison et trahison envers la patrie ceux qui refusent de rendre hommage à la puissance victorieuse."
La résolution proposée : " L'Assemblée des associations ouvrière déclare :
Le système des armées permanentes, tel qu’il s’est développé dans presque tous les pays d’Europe, est l’une des causes principales des blocages économiques actuels. En imposant aux peuples dans leur ensemble des charges énormes, en augmentant de jour en jour les impôts et la dette publique, en privant une grande partie de la population, dans la fleur de l’âge, de son métier et l’enlevant à la production, cela fait de lui une cause principale de la misère sociale régnante.
En donnant de plus le pouvoir aux princes de faire la guerre, contre la volonté et les intérêts du peuple, en méprisant la volonté des peuples, l’armée permanente est la source permanente de dangers de guerre et le moyen de guerres dynastiques de conquête à l’étranger et d’oppression du droit et de la liberté à l’intérieur. De ce fait l’assemblée des travailleurs considère comme un devoir des travailleurs de tous les pays d’agir de manière forte et permanente pour la suppression des armées de métier et l’instauration l’armement général du peuple."
Sur la question militaire. Discours et résolution prononcés lors de la journée de l'association de Nuremberg [1] (7 septembre 1868)
Compte rendu de la cinquième journée des associations ouvrières allemandes, les 5, 6 et 7 septembre 1868 à Nuremberg, publié par le Vorort Leipzig, Leipzig, sans date, p. 30-35, 2e édition. Wilhelm Liebknecht, Contre le militarisme et la guerre de conquête, Berlin 1986, p. 25-33. Transcription et balisage HTML : Einde O’Callaghan pour les Archives Internet marxistes.
https://www.marxists.org/deutsch/archiv/liebknechtw/1868/09/rede.htm
Messieurs ! Vous n’allez tout de même pas me demander de traiter de manière exhaustive, sous tous ses aspects et d’un point de vue théorique, la question qui nous occupe. Cela a été fait si minutieusement ces derniers temps par la presse quotidienne démocratique, dans des brochures et au sein des assemblées représentatives, qu’on peut dire à juste titre que la question militaire est tranchée sur le plan théorique et n’attend plus qu’une solution pratique.
Il s’agit essentiellement d’une question de pouvoir. Les inconvénients des armées permanentes sont reconnus de tous, même par ceux qui y tiennent par intérêt particulier, car leur domination repose sur ces armées permanentes. Je renvoie au témoignage de Radetzky, qui a ouvertement admis que le système de l'armement général du peuple rendait un État plus apte à se défendre et, en même temps, pesait beaucoup moins sur les citoyens que le système des armées permanentes, mais qu'il n'était pas compatible avec ce qui est l'essence de l'État monarchique, c'est-à-dire absolutiste. Nous trouvons ici exprimée une grande vérité : le système des armées permanentes est absolutiste, dynastique, tandis que celui de l’armement général du peuple, tel qu’il existe en Suisse, est démocratique. Le système des armées permanentes est aussi ancien que l'absolutisme politique. L'État absolu, né sur les ruines du féodalisme médiéval et dont l'idée fondamentale s'exprime dans la phrase de Louis XIV : « L'État, c'est moi ! », devait désarmer le peuple et former une caste de soldats qui, détachée de la bourgeoisie et dépouillée de tout esprit civique, devint un instrument docile d'oppression.
Même si les armées permanentes ont souvent servi à des guerres de conquête, elles étaient et sont toujours principalement tournées vers l’intérieur, contre les peuples eux-mêmes, qu’elles sont censées défendre. C’est pourquoi l’augmentation des armées permanentes dans les États civilisés du continent européen a suivi le même rythme que le développement de l’esprit démocratique. Tant que les peuples supportaient sans broncher le joug de l’absolutisme, parce qu’ils étaient las de l’anarchie féodale et n’avaient encore aucune notion d'un État libre, l’absolutisme n’avait besoin, pour sa protection, que d’une force armée relativement modeste. Mais depuis l’époque de la Révolution française, qui a semé partout les graines des idées démocratiques, l’absolutisme est forcé, pour sa propre sécurité, de contraindre une partie toujours croissante de la population à embrasser le métier de soldat ; et cette tendance à la hausse se poursuivra jusqu’à ce que les peuples ne puissent plus supporter ce fardeau et un système qui les conduit à la ruine. Et c’est à une vitesse vertigineuse, qui ne cesse de croître, qu’il les précipite vers la ruine. En Allemagne et en France, l’armée permanente, avec tout ce qui s’y rattache, engloutit d’ores et déjà la plus grande partie des recettes de l’État ; et ces sommes colossales sont non seulement utilisées de manière totalement improductive, non seulement plusieurs centaines de milliers d’hommes parmi les plus vigoureux sont soustraits chaque année au travail national, mais en outre, les armées permanentes réduisent la force productive de la population bourgeoise, car en invoquant le danger de guerre, elles paralysent le commerce et l’industrie et rendent nécessaire une pression fiscale excessive qui ne peut que ruiner le plus riche des peuples. Si les centaines de millions que nous coûtent chaque année les armées permanentes étaient simplement jetés par la fenêtre, ce serait déjà assez grave et constituerait un crime grave contre l’humanité laborieuse ; mais ces centaines de millions forment une graine empoisonnée qui, en épuisant le sol, pousse avec luxuriance et dans le champ d’action de laquelle, comme dans celui autour des antiaris, toute vie se flétrit !
Aussi important que soit, d'un point de vue matériel – je ne parle pas ici des maux d'ordre moral –, le préjudice direct que nous causent les armées permanentes, le préjudice indirect est infiniment plus grand encore. J’ai parlé du danger de guerre. Celui-ci n’est toutefois pas engendré par les armées permanentes. L’angoisse qui pèse actuellement sur l’Europe, cette pénible incertitude qui ne garantit pas la paix pour l’heure qui suit, trouve sa racine dans l’inadéquation entre les formes d’État et les besoins politiques et nationaux des peuples. La persistance de ce déséquilibre est rendue possible seulement par les armées permanentes, qui permettent en outre aux gouvernements de déclencher à tout moment une guerre dynastique contre la volonté et les intérêts des peuples. Nous sommes donc en droit de dire : s’il n’y avait pas d’armées permanentes en Europe, nous aurions été épargnés par toutes les guerres des temps modernes, et les peuples auraient non seulement économisé tout ce qu’ils ont dû payer directement pour la guerre, mais auraient encore gagné dix fois plus grâce à l’essor du commerce et de l’industrie. Vous connaissez tous – la plupart d’entre vous du fait de leur propre et amère expérience – les effets paralysants de la dernière guerre [2] sur l’industrie allemande ; le montant des pertes ne peut être calculé avec exactitude, mais il ne fait aucun doute qu’il dépasse de loin le montant total des coûts directs de la guerre. - Mais continuons : j’ai dit au début que le but des armées permanentes est l’oppression des peuples, et non la défense de la patrie. La preuve en est facile à apporter. Nous la trouvons dans l’histoire récente de notre continent. Des centaines de batailles et de massacres, perpétrés par les armées permanentes, infligés au peuple : Paris, Vienne, Berlin, Francfort, les champs ensanglantés du Pays de Bade, encore aujourd’hui sous le choc, la Hongrie, la Lombardie, Rome, la Pologne – partout, le peuple écrasé, massacré par les armées permanentes. Et où auraient-ils combattu pour le peuple ? En Italie, en 1859, par exemple ? Certes, Bonaparte parlait de la liberté des Italiens, mais comment celui qui est despote dans son propre pays peut-il accorder la liberté à son voisin, qui, par elle, devait devenir son ennemi le plus mortel ? La liberté ne peut tolérer le despotisme à ses portes pas plus que le despotisme ne tolère la liberté. Ce n’est pas pour libérer l’Italie, non, mais pour opprimer la France, pour bannir à nouveau le spectre de la révolution qui avait surgi avec l'éclatement des bombres d'Orsini [3], que l’homme de décembre [4] a entrepris la guerre de 1859. Et la guerre de 1866 ? Messieurs ! Ce serait une insulte à votre égard que de vouloir vous expliquer que ce crime des plus honteux contre la patrie était aussi un crime contre la liberté, contre la cause du peuple. Toujours et partout contre le peuple, jamais et nulle part pour le peuple : tel est le jugement de l’histoire sur la mission intérieure de l’armée permanente. Et qu'en est-il de la défense contre l'ennemi extérieur ? Prenons l'année de la grande trahison envers la nation allemande : l'année 1866. L'Autriche fut attaquée par la Prusse ; elle disposait d'une armée permanente, pour laquelle des millions et des millions avaient été dépensés afin de la rendre aussi efficace que possible. Qu'est-il advenu de l'armée autrichienne ? Quelques escarmouches perdues, une bataille perdue – et elle était hors d'état de combattre, l'Autriche elle-même sans défense, livrée au vainqueur. Il en va ainsi des armées permanentes. Ce n'est pas sans raison qu'on les appelle permanentes. Elles n'existent que tant qu'elles restent debout. Une fois renversées, elles gisent à terre et ne peuvent plus se relever. À une époque plus récente, où les armées permanentes sont devenues si colossales que les ressources nationales suffisent à peine à les entretenir, sans parler de mettre sur pied de nouvelles armées, une seule, tout au plus deux batailles, décident du sort des États. 1859 : Magenta et Solferino, 1866 : Königgrätz. Si l’armée prussienne, ce qui fut un instant très probable, avait perdu la bataille de Königgrätz, la victoire autrichienne aurait placé la Prusse exactement dans la même situation que la victoire prussienne avait placée l’Autriche. Il n’y avait pas d’autre armée. La noblesse prussienne aurait succombé à la place de la noblesse autrichienne, le peuple prussien aurait gagné à la place du peuple autrichien.
On me rétorquera peut-être ici : « L’armée prussienne n’est pas une armée de métier au sens propre du terme ; grâce à la Landwehr, elle revêt un caractère populaire et, même si elle ne répond pas à l’idéal de l’armement général du peuple, elle s’en approche tout de même. » Messieurs ! Jamais les faussaires du bureau de presse de Berlin et leurs complices de Gotha [5] n’ont proféré et mis en circulation un mensonge plus éhonté que celui du « peuple en armes » prussien, de la « capacité générale de défense » en Prusse. Ce mensonge n’a d’égal que celui selon lequel la Prusse, en déchirant l’Allemagne, nous aurait donné l’unité. La Landwehr prussienne, qui était « le peuple en armes », cette Landwehr qui a repoussé les grenadiers français à Katzbach, brisé la puissance du conquérant corse près de Leipzig et lui a porté le coup de grâce à Waterloo, après avoir été battue deux jours auparavant à Ligny [6] – quelle armée de campagne aurait accompli une telle prouesse ? - Cette Landwehr, qui était une milice populaire, a depuis longtemps succombé à la politique réactionnaire de la dynastie des Hohenzollern, et la « réorganisation de l’armée » n’a eu pour effet que d’éliminer les derniers vestiges de l’esprit démocratique. Si cette Landwehr avait encore existé en 1866, la guerre fratricide aurait été impensable. Ce qu’on appelle aujourd’hui Landwehr n’est rien d’autre qu’un appendice de la ligne. Et qu'en est-il de la « capacité de défense générale » en Prusse ? La capacité de défense générale signifie la capacité de défense de tous. - En Prusse, cependant, sur trois hommes aptes au service militaire, un seul est armé. Face à ce fait incontestable, n’étais-je pas en droit de qualifier la « capacité de défense générale » de la Prusse de mensonge éhonté ? Au lieu d’une capacité de défense générale, la Prusse offre une capacité de défense d’un tiers, tout comme son « unité allemande » n’est qu’une unité d’un tiers. La vérité est la suivante : l’armée prussienne réorganisée, y compris la Landwehr, est, par rapport à la population, la plus grande armée permanente du monde, et aucun pays ne ressent donc les conséquences de ce système autant que la malheureuse Prusse.
Mais je voulais seulement montrer que le système de défense prussien ne diffère pas fondamentalement de celui des autres monarchies militaires et que, si les Autrichiens avaient remporté la victoire à Königgrätz, la Prusse aurait été totalement impuissante. Quelle différence, là où les armées permanentes sont inconnues et où le peuple prend lui-même en charge la défense de la patrie ! Regardez vers l’Amérique. Il y a huit ans, les esclavagistes du Sud y ont brandi – tout comme chez nous, il y a trois ans et demi, les junkers du Nord – la bannière de la rébellion et ont voulu déchirer la patrie. [7] Le Nord, fidèle à la Confédération, a été pris au dépourvu – tout comme le Sud chez nous. Le gouvernement était composé de traîtres – pas d’armée, pas de flotte. Mais le peuple était là. Non épuisé par un fardeau fiscal insupportable, enthousiasmé par la liberté, il s’est précipité aux armes avec un courage résolu. La première bataille est perdue – comme chez nous. Mais là s'arrête la similitude. Chez nous, la première défaite nous a rendus incapables de poursuivre le combat ; elle a marqué la fin de la guerre. En Amérique, elle a marqué le début de la guerre. Le Nord a redoublé d’efforts. En quelques semaines, une armée populaire s’est rassemblée, bien plus forte que celle qui avait été vaincue. – Une nouvelle défaite. Le même spectacle. Pour un peuple libre, il n’y a pas de Königgrätz. Un peuple libre ne dépend pas des caprices de la chance en guerre. Vingt fois battus, jamais vaincus, les Américains se relèvent après chaque défaite avec une force renouvelée, plus forts qu’auparavant, et mènent ce combat titanesque jusqu’à ce que la rébellion soit écrasée. Le Bismarck américain [8], auquel s’opposait un peuple armé, attend désormais son procès pour haute trahison et trahison envers la patrie ; le Jefferson Davis allemand, auquel s’opposait une armée permanente, a détruit le droit et la patrie et laisse ses proverbiaux « juges de Berlin » condamner pour haute trahison et trahison envers la patrie ceux qui refusent de rendre hommage à la puissance victorieuse.
Incapables de défendre la patrie à l'heure du danger, instruments d'oppression, piliers de l'injustice, ruine de la prospérité nationale : voilà ce que sont les armées permanentes. Leur abolition est la condition préalable indispensable à une communauté européenne libre. Certes, ce ne sont pas les discours ni les résolutions qui élimineront ce fléau. Comme je l'ai déjà dit, la question des armées permanentes est une question de pouvoir. Mais les discours et les résolutions n’en sont pas pour autant inutiles. Il s’agit d’éclairer les masses du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest sur ce mal colossal, afin qu’elles sachent, au moment opportun, où doit s’abattre le coup de massue destructeur. Ce moment viendra. Le mal s’autodétruit par sa propre grandeur ; les peuples doivent l’éradiquer s’ils ne veulent pas en être victimes. Et peut-être l’occasion se présentera-t-elle bientôt. Le césarisme [9] de l’autre côté du Rhin est poussé par le « destin », par la « logique des faits », à la guerre contre le césarisme de ce côté-ci du Rhin. L’affrontement est inévitable. Les peuples ne peuvent gagner que si leurs ennemis s’entre-déchirent. Mais ils ne doivent alors pas non plus faire de la cause de leurs ennemis la leur. Il faut à tout prix empêcher que la guerre à venir ne revête un caractère national. L’homme qui a assassiné la République française le 2 décembre 1851 ne peut pas plus être le représentant des intérêts nationaux français que les hommes qui ont assassiné l’Allemagne à l’été 1866 ne peuvent être les représentants des intérêts nationaux allemands. Chaque défaite du césarisme napoléonien est une victoire du peuple français ; chaque défaite du césarisme bismarckien est une victoire du peuple allemand. Nous, Allemands du Nord, sommes pour l’instant opprimés. Mais vous, dans le sud de l’Allemagne, n’êtes pas encore totalement enchaînés. Brisez le nœud coulant des traités militaires que la Prusse vous a passé autour du cou, et épargnez à l’Europe, au monde, ce péché mortel contre l’Esprit Saint de la civilisation moderne : une guerre nationale entre la France et l’Allemagne. C'est entre vos mains. Faites votre devoir, et la guerre des Césars deviendra la fête de la résurrection des peuples.
Et alors, la « question du pouvoir » des armées permanentes sera également résolue. Messieurs, je vous recommande d'adopter la résolution suivante :
L'Assemblée des associations ouvrière déclare :
Le système des armées permanentes, tel qu’il s’est développé dans presque tous les pays d’Europe, est l’une des causes principales des blocages économiques actuels. En imposant aux peuples dans leur ensemble des charges énormes, en augmentant de jour en jour les impôts et la dette publique, en privant une grande partie de la population, dans la fleur de l’âge, de son métier et l’enlevant à la production, cela fait de lui une cause principale de la misère sociale régnante.
En donnant de plus le pouvoir aux princes de faire la guerre, contre la volonté et les intérêts du peuple, en méprisant la volonté des peuples, l’armée permanente est la source permanente de dangers de guerre et le moyen de guerres dynastiques de conquête à l’étranger et d’oppression du droit et de la liberté à l’intérieur. De ce fait l’assemblée des travailleurs considère comme un devoir des travailleurs de tous les pays d’agir de manière forte et permanente pour la suppression des armées de métier et l’instauration l’armement général du peuple.
Notes
1. Le 6 septembre 1868, la majorité de l'assemblée générale des associations ouvrières allemandes à Nuremberg avait approuvé un programme qui affirmait son ralliement aux aspirations de l'Association internationale des travailleurs, séparant ainsi la VDAV de la bourgeoisie libérale. L'assemblée générale avait également franchi ce pas sur la question militaire, ce que les représentants de la bourgeoisie libérale avaient empêché lors de l'assemblée générale de Gera en 1867. La résolution fondée par Liebknecht et complétée par des amendements fut adoptée à l'unanimité.
2. Il s’agit de la guerre menée par la Prusse contre l’Autriche en 1866 pour la suprématie en Allemagne, au cours de laquelle la Prusse remporta la victoire lors de la bataille de Königgrätz (également appelée bataille de Sadowa) le 3 juillet 1866.
3. Le 14 janvier 1858, l’Italien Felice Orsini tenta d’assassiner Napoléon III. L’attentat échoua et Orsini fut exécuté.
4. Louis Bonaparte (Napoléon III) devint président de la République française à la suite d’un coup d’État en décembre 1848, prolongea son mandat de dix ans en 1851, étendit ses pouvoirs et se proclama empereur des Français en décembre 1852.
5. Il s’agit des libéraux de droite qui avaient fondé le Parti de Gotha en juin 1849 et qui, dans l’intérêt de la grande bourgeoisie, militaient pour l’unification de l’Allemagne sous la direction de la Prusse, sans l’Autriche.
6. Il s’agit des batailles contre Napoléon Ier en 1813 et 1815.
7. Il s'agit de la guerre civile aux États-Unis qui opposa, de 1861 à 1865, les États du Nord, économiquement et socialement progressistes, aux esclavagistes des États du Sud.
8. Il s'agit de Jefferson Davis (1808-1889), chef des esclavagistes du Sud des États-Unis lors de la guerre contre les États du Nord.
9. Le césarisme est une forme de gouvernement qui tire son nom de Jules César et qui, s’appuyant sur l’armée, cherche à manœuvrer entre les classes ou les couches sociales en conflit. À l’époque, ce terme était utilisé pour caractériser le régime de Napoléon III et d’Otto von Bismarck.
Zur Wehrfrage. Rede und Resolution auf dem Nürnberger Vereinstag [1] (7. September 1868)
Bericht über den Fünften Vereinstag der Deutschen Arbeitervereine am 5., 6. und 7. September 1868 zu Nürnberg, herausgegeben vom Vorort Leipzig, Leipzig o. J., S.30-35, 2. Auflage. Wilhelm Liebknecht, Gegen Militarismus und Eroberungskrieg, Berlin 1986, S.25-33.Transkription u. HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.
Meine Herren! Sie werden nicht von mir verlangen, daß ich die vorliegende Frage nach allen Seiten hin theoretisch erschöpfend behandle. Es ist dies in neuerer Zeit von der demokratischen Tagespresse, in Broschüren und in Volksvertretungen so gründlich geschehen, daß man mit Recht sagen kann: Die Wehrfrage ist theoretisch entschieden und bedarf nur noch der praktischen Lösung. Sie ist wesentlich eine Machtfrage. Die Übel der stehenden Heere sind allseitig anerkannt, selbst von denen, welche aus Sonderinteresse daran festhalten, weil ihre Herrschaft auf den stehenden Heeren beruht. Ich verweise auf das Zeugnis Radetzkys. der offen zugestanden hat, daß das System der allgemeinen Volksbewaffnung einen Staat wehrhafter mache und zugleich die Bürger weit weniger belaste als das System der stehenden Heere, daß es sich aber mit der Eidstern eines monarchischen, soll heißen absolutistischen Staats nicht vertrage. Hier finden wir die große Wahrheit ausgesprochen: Das System der stehenden Heere ist absolutistisch, dynastisch, das der allgemeinen Volksbewaffnung, wie sie in der Schweiz besteht, ist demokratisch.
Das System der stehenden Heere ist so alt wie der politische Absolutismus. Der absolute Staat, welcher auf den Trümmern des mittelalterlichen Feudalismus entstand und dessen Grundgedanke sich in dem Wort Ludwigs des Vierzehnten von Frankreich: Der Staat bin ich! ausdrückt, mußte das Volk entwaffnen und eine Soldatenkaste bilden, die, von dem Bürgertum losgelöst, jedes bürgerlichen Geistes entkleidet, ein willenloses Werkzeug der Unterdrückung wurde. Wenn auch die stehenden Heere vielfach zu Eroberungskriegen dienten, so waren und sind sie doch hauptsächlich nach innen, gegen die Völker selbst gerichtet, zu deren Verteidigung sie angeblich bestimmt sein sollen. Daher kommt es auch, daß die Vermehrung der stehenden Heere in den Kulturstaaten des europäischen Festlandes gleichen Schritt mit der Entwicklung des demokratischen Geistes gehalten hat. Solange die Völker das Joch des Absolutismus ohne Murren ertrugen, weil sie der feudalen Anarchie müde waren und von staatlicher Freiheit noch keinen Begriff hatten, bedurfte der Absolutismus zu seinem Schutz nur einer vergleichsweise geringen bewaffneten Macht. Aber seit den Zeiten der Französischen Revolution, welche die Saat demokratischer Ideen überall ausstreute, ist der Absolutismus gezwungen, zu seiner eignen Sicherheit eine immer größere Zahl der Bevölkerung zum Soldatenhandwerk zu pressen; und in dieser aufsteigenden Linie wird es fortgehen, bis die Völker die Last nicht mehr zu ertragen vermögen und mit einem System abrechnen, das sie dem Ruin zuführt. Und mit reißender, stets wachsender Schnelligkeit führt es sie dem Ruine zu. In Deutschland und in Frankreich verschlingt schon jetzt das stehende Heer, mit allem, was drum und dran hängt, den größten Teil der Staatseinnahmen; und diese ungeheuren Summen werden nicht nur völlig unproduktiv verwandt, nicht nur werden alljährlich der nationalen Arbeit viele Hunderttausende der kräftigsten Männer entzogen, sondern obendrein wird auch durch die stehenden Heere die Produktionskraft der bürgerlichen Bevölkerung vermindert, weil sie durch Heraufbeschwörung der Kriegsgefahr den Handel und die Industrie lähmen und einen übermäßigen Steuerdruck notwendig machen, der das reichste Volk zugrunde richten muß. Würden die Hunderte von Millionen, welche uns die stehenden Heere jährlich kosten, einfach zum Fenster hinausgeworfen, so wäre das schon schlimm genug und ein schweres Verbrechen an arbeitenden Menschheit; aber diese Hunderte von Millionen bilden eine Giftsaat, welche, den Boden aussaugend, üppig emporschießt und in deren Bereich, wie in dem des Upasbaums, alles Leben verwelkt!
Groß, wie in materieller Hinsicht - von den moralischen Übeln rede ich jetzt nicht - der direkte Schaden ist, der uns durch die stehenden Heere erwächst, der indirekte ist noch unendlich größer. Ich sprach von der Kriegsgefahr. Dieselbe wird allerdings nicht durch die stehenden Heere erzeugt. Der Alp, der gegenwärtig auf Europa liegt, diese peinliche Ungewißheit, die des Friedens nicht auf die nächste Stunde sicher ist, sie wurzelt in dem Mißverhältnis der Staatsformen zu den politischen und nationalen Bedürfnissen der Völker. Allein die Fortdauer dieses Mißverhältnisses wird einzig durch die stehenden Heere ermöglicht, die außerdem die Regierungen in den Stand setzen, jeden Moment gegen den Willen und das Interesse der Völker einen dynastischen Krieg zu beginnen. Wir sind daher berechtigt zu sagen: Hätte man in Europa keine stehenden Heere, so wären wir von sämtlichen Kriegen der Neuzeit verschont geblieben, und die Völker hätten nicht nur alles gespart, was sie für den Krieg unmittelbar zu bezahlen hatten, sondern noch das Zehnfache durch Blühen des Handels und der Gewerbe gewonnen. Sie alle kennen - die meisten von Ihnen aus eigner bitterer Erfahrung - die lähmenden Wirkungen des letzten Kriegs [2] auf die deutsche Industrie; der Betrag des Ausfalls läßt sich nicht genau berechnen, aber es kann nicht bezweifelt werden, daß er den Betrag der gesamten direkten Kriegskosten bei weitem übersteigt. - Doch weiter: Ich sagte zu Anfang, der Zweck der stehenden Heere sei die Unterdrückung der Völker, nicht die Verteidigung des Vaterlandes. Der Beweis ist leicht geliefert. Wir finden ihn in der neuesten Geschichte unseres Erdteils. Hunderte von Schlachten und Schlächtereien, verübt durch die stehenden Heere, am Volke verübt: Paris, Wien, Berlin, Frankfurt, die Blutfelder des noch heut betäubt daliegenden Baden, Ungarn, die Lombardei, Rom, Polen - überall das Volk niedergeschlagen, niedergemetzelt durch die stehenden Heere. Und wo hätten sie für das Volk gekämpft? Etwa 1859 in Italien? Wohl führte Bonaparte die Freiheit der Italiener im Munde, aber wie kann, wer Despot ist im eignen Land, die Freiheit dem Nachbar gönnen, der durch sie sein tödlichster Feind werden mußte? Freiheit kann den Despotismus ebensowenig vor den Toren dulden als der Despotismus die Freiheit. Nicht um Italien zu befreien, nein, um Frankreich zu unterdrücken, um das Gespenst der Revolution, das aus den zerplatzten Orsinibomben [3] hervorgestiegen war, wieder zu bannen, unternahm der Dezembermann [4] den Krieg von 1859. Und der Krieg von 1866? Meine Herren! Es wäre eine Beleidigung für Sie, wollte ich mich bemühen auszuführen, daß dieses schmachvollste Verbrechen am Vaterland auch ein Verbrechen an der Freiheit, an der Volkssache war. Stets und überall gegen das Volk, nie und nirgends für das Volk - das ist das Urteil der Geschichte über die innere Mission des stehenden Heeres. Und wie verhält es sich mit der Verteidigung gegen den äußeren Feind? Nehmen wir das Jahr des großen Hochverrats an der deutschen Nation - das Jahr 1866. Österreich wurde von Preußen angegriffen; es hatte ein stehendes Heer, auf das Millionen über Millionen verwandt worden waren, um es möglichst schlagfertig zu machen. Was wurde aus der österreichischen Armee? Ein paar verlorne Treffen, eine verlorne Schlacht - und sie war kampfunfähig, Österreich selbst wehrlos, dem Sieger preisgegeben. So ist es mit den stehenden Heeren. Nicht mit Unrecht nennt man sie stehende. Bloß solange sie stehen, bestehen sie. Einmal niedergeworfen, liegen sie am Boden und vermögen nicht mehr aufzustehen. In neuerer Zeit wo die stehenden Heere so kolossal geworden sind, daß die Volkskräfte kaum ausreichen, sie zu erhalten, geschweige denn neue Armeen auf die Beine zu bringen, entscheidet ?eine, höchstens eine zweite Schlacht über das Schicksal der Staaten. 1859 Magenta und Solferino, 1866 Königgrätz. Hätte die preußische Armee, was einen Augenblick sehr wahrscheinlich war, die Schlacht bei Königgrätz verloren, so würde der österreichische Sieg Preußen genau in dieselbe Lage gebracht haben wie der preußische Sieg Österreich. Ein anderes Heer war nicht da. Das preußische Junkertum wäre gefallen anstatt des österreichischen, das preußische Volk hätte gewonnen anstatt des österreichischen.
Man wendet mir hier vielleicht ein: „Das preußische Heer ist kein stehendes im eigentlichen Sinne des Worts, durch die Landwehr erlangt es einen volkstümlichen Charakter und, erfüllt es auch nicht das Ideal der allgemeinen Volksbewaffnung, so kommt es ihm doch nah.“ Meine Herren! Eine schamlosere Lüge ist von den Falschmünzern des Berliner Preßbüros und ihren Gothaer Spießgesellen [5] nie ausgeprägt und in Umlauf gesetzt worden als die von dem preußischen „Volk in Waffen“, von der „allgemeinen Wehrhaffigkeit“ in Preußen. Es ist diese Lüge nur der anderen an die Seite zu stellen, daß Preußen, indem es Deutschland zerrissen, uns die Einheit verliehen habe. Die preußische Landwehr, welche „das Volk in Waffen“ war, die Landwehr, welche die französischen Grenadiere in die Katzbach warf, bei Leipzig die Macht des korsischen Eroberers brach und bei Waterloo ihm den Todesstoß versetzte, nachdem sie zwei Tage vorher bei Ligny geschlagen worden [6] welches stehende Heer hätte Ähnliches geleistet? - diese Landwehr, die eine Volkswehr war, ist längst der reaktionären Politik des Hohenzollerntums erlegen, und die „Armeereorganisation“ hatte nur noch die letzte Spur demokratischen Geistes wegzumaßregeln. Hätte diese Landwehr noch 1866 bestanden, der Bruderkrieg wäre undenkbar gewesen. Was man jetzt Landwehr nennt, ist nichts als ein Anhängsel der Linie. Und wie verhält es sich mit der „allgemeinen Wehrhaftigkeit“ in Preußen? Allgemeine Wehrhaftigkeit heißt Wehrhaftigkeit aller. - In Preußen ist aber von je 3 wehrfähigen Männern nur einer bewehrt. War ich angesichts dieser unumstößlichen Tatsache nicht berechtigt, die „allgemeine Wehrhaftigkeit“ Preußens eine schamlose Lüge zu nennen? Statt der allgemeinen Wehrhaftigkeit gibt Preußen eine Drittelswehrhaftigkeit wie in seiner „deutschen Einheit“ eine Drittelseinheit. Die Wahrheit ist: Die reorganisierte preußische Armee samt der Landwehr ist im Verhältnis zur Bevölkerung das größte stehende Heer der Welt, und kein Land empfindet darum auch die Folgen des Systems in solchem Maß wie das unglückliche Preußen.
Doch ich wollte nur zeigen, daß das preußische Wehrsystem sich im wesentlichen nicht von dem der übrigen Militärmonarchien unterscheidet und daß, hätten die Österreicher bei Königgrätz gesiegt, Preußen völlig hilflos gewesen wäre. Wie anders, wo stehende Heere unbekannt sind und das Volk selbst die Verteidigung des Vaterlandes übernimmt! Blicken Sie nach Amerika. Vor 8 Jahren erhoben dort die Sklavenhalter des Südens - ganz wie bei uns vor dritthalb Jahren die Junker des Nordens - das Banner der Rebellion und wollten das Vaterland zerreißen. [7] Der bundestreue Norden ward überrumpelt - wie bei uns der Süden. In der Regierung saßen Verräter - keine Armee, keine Flotte. Aber das Volk war da. Nicht erschöpft durch eine unerträgliche Steuerlast, begeistert für die Freiheit, eilte es entschlossenen Muts zu den Waffen. Die erste Schlacht geht verloren - wie bei uns. Aber hier hört die Ähnlichkeit auf. Uns machte die erste Niederlage unfähig, den Kampf fortzuführen; sie war das Ende des Kriegs. In Amerika war sie der Anfang des Kriegs. Der Norden verdoppelte seine Anstrengungen. In wenigen Wochen ist ein Volksheer versammelt, ungleich stärker als das geschlagene. - Noch eine Niederlage. Das nämliche Schauspiel. Für ein freies Volk gibt es kein Königgrätz. Ein freies Volk ist nicht abhängig von den Launen des Kriegsglücks. Zwanzigmal geschlagen, nie besiegt, erheben die Amerikaner sich nach jeder Niederlage mit erneuter Kraft, stärker als zuvor, und kämpfen den Riesenkampf durch, bis die Rebellion zertreten ist. Der amerikanische Bismarck [8], dem ein bewaffnetes Volk entgegenstand, erwartet jetzt als Hoch- und Landesverräter seinen Prozeß; der deutsche Jefferson Davis, dem ein stehendes Heer entgegenstand, hat Recht und Vaterland zertrümmert und läßt von seinen sprichwörtlichen „Richtern in Berlin“ die als Hoch- und Landesverräter verurteilen, welche der siegreichen Gewalt den Zoll der Anerkennung verweigern.
Unfähig, das Vaterland in der Stunde der Gefahr zu verteidigen, Werkzeug der Unterdrückung, Stütze des Unrechts, Ruin des nationalen Wohlstands - das sind die stehenden Heere. Ihre Vernichtung ist die unerläßliche Vorbedingung eines freien europäischen Gemeinwesens. Durch Reden, durch Beschlüsse wird das Übel allerdings nicht beseitigt. Wie schon gesagt, die Frage der stehenden Heere ist eine Machtfrage. Aber Reden und Beschlüsse sind darum nicht unnütz. Es gilt, die Massen in Nord und Süd, in Ost und West aufzuklären über dieses kolossale Übel, damit sie im geeigneten Moment wissen, wohin der vernichtende Keulenhieb zu fallen hat. Der Moment wird kommen. Das Übel tötet sich selbst durch seine eigene Größe; die Völker müssen es ausrotten, wenn sie ihm nicht zum Opfer fallen wollen. Und vielleicht bietet die Gelegenheit sich bald. Der Cäsarismus [9] jenseits des Rheins wird durch das „Verhängnis“, durch die „Logik der Tatsachen“ zum Krieg gegen den Cäsarismus diesseits des Rheins gedrängt. Der Zusammenstoß ist unvermeidlich. Die Völker können nur gewinnen, wenn ihre Feinde sich $untereinander zerfleischen. Aber sie dürfen dann auch nicht die Sache ihrer Feinde zu ihrer eignen machen. Es muß um jeden Preis verhindert werden, daß der kommende Krieg einen nationalen Charakter annehme. Der Mann, welcher am 2. Dezember 1851 die französische Republik meuchelte, kann ebensowenig Vertreter der französischen Nationalinteressen sein wie die Männer, die Deutschland im Sommer 1866 meuchelten, Vertreter der deutschen Nationalinteressen. Jede Niederlage des Napoleonischen Cäsarismus ist ein Sieg des französischen Volks; jede Niederlage des Bismarckschen Cäsarismus ist ein Sieg des deutschen Volks. Wir Norddeutsche sind vorläufig vergewaltigt. Aber Sie im deutschen Süden sind noch nicht völlig gefesselt. Zerreißen Sie die Schlinge der Militärverträge, die Preußen Ihnen um den Hals geworfen, und ersparen Sie Europa, der Welt jene Todsünde wider den Heiligen Geist der modernen Zivilisation: einen Nationalkrieg zwischen Frankreich und Deutschland. In Ihrer Hand liegt es. Tun Sie Ihre Schuldigkeit, und der Krieg der Cäsaren wird zum Auferstehungsfest der Völker.
Und dann wird auch die „Machtfrage“ der stehenden Heere gelöst. Meine Herren, ich empfehle ihnen folgende Resolution zur Annahme:
Der Arbeitertag erklärt:
Das System der stehenden Heere, wie es sich in fast allen Ländern Europas entwickelt hat, ist eine der Hauptursachen der gegenwärtigen Geschäftsstockungen. Indem es den Völkern insgesamt ungeheuere Lasten auferlegt, die Steuern mit den Staatsschulden von Tag zu Tag erhöht, einen großen Teil der Bevölkerung in den besten und kräftigsten Lebensjahren seinem Berufe und der Produktion entzieht, ist es zugleich eine wesentliche Ursache der herrschenden sozialen Not und Massenverarmung.
Indem es ferner den Fürsten die Macht gibt, gegen den Willen und das Interesse der Völker Krieg zu führen, überhaupt den Willen der Völker zu mißachten, ist das stehende Heer die Quelle beständiger Kriegsgefahr und das Mittel dynastischer Eroberungskriege nach außen und der Unterdrückung von Recht und Freiheit nach innen. In Erwägung dessen betrachtet es der deutsche Arbeitervereinstag als eine Pflicht der Arbeiter aller Länder, nachdrücklich und unausgesetzt mit allen Mitteln auf Beseitigung der stehenden Heere und auf Einführung der allgemeinen Volksbewaffnung hinzuwirken.
1. Die Mehrheit des Vereinstags Deutscher Arbeitervereine in Nürnberg hatte am 6. September 1868 einem Programm zugestimmt, das den Anschluß an die Bestrebungen der Internationalen Arbeiterassoziation erklärte und damit den VDAV von der liberalen Bourgeoisie trennte. Diesen Schritt vollzog der Vereinstag auch in der Wehrfrage, was die Vertreter der liberalen Bourgeoisie auf dem Vereinstag in Gera 1867 verhindert hauen. Die von Liebknecht begründete und durch Zusatzanträge erweiterte Resolution wurde einstimmig beschlossen.
2. Gemeint ist der Krieg Preußens gegen Österreich 1866 um die Vorherrschaft in Deutschland, in dem Preußen in der Schlacht bei Königgrätz (auch als Schlacht von Sadowa bezeichnet) am 3. Juli 1866 siegte.
3. Am 14. Januar 1858 verübte der Italiener Felice Orsini ein Attentat auf Napoleon III. Es mißlang, und Orsini wurde hingerichtet.
4. Louis Bonaparte (Napoleon III.) wurde im Dezember 1848 durch einen Staatsstreich Präsident der französischen Republik, verlängerte 1851 seine Präsidentschaft um zehn Jahre, erweiterte seine Vollmachten und proklamierte sich im Dezember 1852 zum Kaiser von Frankreich.
5. Gemeint sind rechte Liberale, die im Juni 1849 die Gothaer Partei gegründet hatten und im Interesse der Großbourgeoisie für die Vereinigung Deutschlands unter Führung Preußens, ohne Österreich, eintraten.
6. Gemeint sind Schlachten gegen Napoleon 1. 1813 und 1815.
7. Gemeint ist der Bürgerkrieg in den USA zwischen den ökonomisch und sozial fortschrittlichen Nordstaaten und den Sklavenhaltern der Südstaaten in den Jahren 1861 bis 1865.
8. Gemeint ist Jefferson Davis (1808-1889), Führer der Sklavenhalter des Südens der USA im Krieg gegen die Nordstaaten.
9. Cäsarismus ist eine nach Julius Caesar benannte Herrschaftsform, die, auf die Armee gestützt, zwischen den einander widerstreitenden Klassen beziehungsweise sozialen Schichten zu lavieren sucht. Damals zur Charakteristik der Herrschaftsform Napoleons III. und Otto v. Bismarcks verwandt.
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